NEWMAN (J. H.)

NEWMAN (J. H.)
NEWMAN (J. H.)

Les plus grands théologiens du catholicisme sont parfois des hommes qui ont été formés hors de son sein. C’est le cas de saint Augustin, c’est celui aussi de Newman. Sa pensée est l’héritière en droite ligne de celles des grands anglicans, Hooker, Butler, Coleridge, qu’il a acclimatées dans le catholicisme. Ceux-ci ont eu le sens de l’histoire et s’étaient interrogés sur l’historicité du christianisme bien avant qu’on ait songé à le faire dans le catholicisme. Au moment de son adhésion à l’Église catholique, Newman donna, dans son Essai sur le développement de la doctrine chrétienne , cette raison, aujourd’hui familière mais au premier abord surprenante, qu’il se ralliait à elle parce qu’elle était l’Église, non de l’immutabilité, mais du développement, l’Église insérée dans l’histoire, en un mot l’Église réelle. Cette perception était liée aussi à une philosophie que Newman, tout au long de son œuvre, a formulée avec toujours plus de vigueur et de clarté.

L’œuvre de Newman, demeurée longtemps méconnue et mal comprise, même au sein de l’Église catholique, qui a pourtant conféré à son auteur la dignité cardinalice (1879), est la première œuvre de théologie qui tienne compte de l’historicité de l’Église et l’étudie dans toutes ses dimensions. Elle rencontre cent ans plus tard un regain d’intérêt dans l’ère de réformes et de transformations consécutives au IIe Concile du Vatican.

Le tractarien

La première partie de la carrière de John Henry Newman, né à Londres, se déroula à l’université d’Oxford (1833-1841), où il rencontra ceux qui allaient lancer avec lui le mouvement des Tracts for the Times : R. H. Froude, J. Keble, J. H. Bowden, E. B. Pusey, R. W. Church. Ce mouvement fut, à l’origine, une protestation contre le régime d’une Église établie soumise à un État en voie de sécularisation; mais il devint très vite une école de spiritualité et un courant de théologie au sein de l’anglicanisme. Les Tracts eurent aussi une préoccupation historique: un bon nombre d’entre eux sont consacrés à la doctrine des Pères de l’Église et à celle des «théologiens carolins» de l’anglicanisme; d’autres visaient à restaurer certains aspects traditionnels du christianisme; mais les Tracts ne furent pas un mouvement de «haute Église» à caractère liturgique, comme on le croit souvent. Newman écrivit lui-même près du tiers de ces brochures d’ampleur variable. Dans la dernière, le Tract 90 , il affirmait qu’on devait pouvoir vivre au sein de l’Église anglicane avec des opinions catholiques.

En matière d’ecclésiologie, l’aspect le plus caractéristique du Mouvement d’Oxford est d’avoir soutenu la théorie dite des branches de l’Église (Branch Theory ) ou encore de la via media. D’après cette théorie, l’Église catholique subsiste en trois branches: la grecque, l’anglicane et la romaine. Chacune d’entre elles est réellement et identiquement l’Église catholique; la séparation est venue des circonstances historiques; il n’y a pas eu de schisme entre elles et il n’y en a pas vraiment tant que l’une des branches ne vient pas s’installer sur le terrain des autres. L’anglicanisme est, en outre, une via media entre le protestantisme et Rome, car il fait sien le principe de réforme de l’Église et, par ailleurs, il maintient contre le protestantisme l’autorité de la tradition. N’ayant pas derrière eux de système de théologie bien défini, les tractariens cherchèrent à en constituer un à partir des Pères de l’Église, des théologiens anglicans du XVIIe siècle et de l’histoire générale du christianisme. La force de leur position (bien exprimée dans les Lectures on the Prophetical Office of the Church , 1837, de Newman, ainsi que dans l’œuvre postérieure de Pusey, Church et C. Gore) résida dans leur recours au témoignage de l’Antiquité chrétienne. Malgré les oppositions qu’ils rencontrèrent, les auteurs des Tracts finirent par acquérir un renom considérable.

Newman contribua encore au mouvement tractarien par ses Parochial and Plain Sermons (1834-1842), ses Esquisses patristiques (1833-1836), ses Lectures on Justification (1838) et de nombreuses brochures de circonstance. Il était aussi le tempérament le plus philosophique. Prononcés au cours des années qui précédèrent son adhésion à la foi catholique, les Fifteen Sermons Preached before the University of Oxford (1843) demeurent l’œuvre la plus célèbre et la plus typique de cette période, la réponse à la fois la plus précise et la plus personnelle au problème central de ces années de crise: comment croire avec une fidélité intégrale aux lumières et aux exigences de la raison? Comment exercer son intelligence de façon intégralement religieuse dans les problèmes religieux? Newman, répondant à ceux qui affirmaient que seuls les hommes instruits peuvent, au terme d’un long discours, parvenir à affirmer l’existence de Dieu et poser un acte de foi, s’est appliqué, dans les Sermons universitaires , à montrer que tout homme raisonne au moins implicitement. Il y a adhésion implicite chez l’enfant, le vieillard, l’homme de la rue, qui, incapables de se justifier, mettent néanmoins en jeu une adhésion personnelle. C’est une adhésion qui ne donne pas ses raisons mais se signale néanmoins par son caractère de certitude. Elle garantit l’objectivité et la santé de l’esprit, tandis que l’adhésion explicite risque, par son origine noétique, de n’être pas réelle. Implicite s’oppose ainsi à explicite non comme obscur à clair ou naïf à instruit, mais comme personnel à impersonnel, réel à formel (13e sermon). Les deux derniers sermons universitaires, encore plus clairement que les précédents, conduisent à l’Essai sur le développement .

Le converti

Au terme de ces réflexions sur la croyance, Newman tenait pour une évidence que le protestantisme est dans l’erreur en récusant la tradition comme telle, et qu’il y a des raisons positives d’adhérer au catholicisme plutôt qu’à aucune autre forme de confession de foi. Autrement dit, l’idéal de la via media entrevu dans les débuts du «mouvement des Tracts» ne lui apparaissait plus guère défendable. La véritable Église doit être constituée par un peuple unanime sur toute la terre: seule l’Église catholique peut fournir ce critère. Une forte présomption l’inclinait donc à rencontrer cette Église catholique dans la grande Église traditionnelle qui a son centre à Rome. Cependant, des obstacles le retenaient encore: il y a eu des scandales dans l’histoire de l’Église, des affrontements entre papes et antipapes, entre conciles et anticonciles (c’était l’objection de l’historien Chillingworth). L’Église a résolu les oppositions en promulguant sa doctrine. Il reste donc à examiner si les développements de cette doctrine sont légitimes. Une dernière objection était enfin soulevée parmi les anglicans: il y a des exagérations dans la doctrine que Rome professe; elle ne saurait les imposer à ses fidèles en vertu de son autorité canonique (c’était l’objection du tractarien J. B. Mozley): le vrai développement que Newman cherche à reconnaître et à mettre en évidence doit donc être assuré d’une cohérence, d’une continuité à travers l’histoire, et il doit se signaler, par conséquent, par l’existence d’invariants, de critères de fidélité aux origines. Pour reconnaître la vérité et se frayer une voie au milieu de ces objections, il faut commencer par poser l’hypothèse du développement et reconnaître les vrais développements dans la vie de l’Église. Tel est le propos de l’Essay on the Development of Christian Doctrine (Essai sur le développement de la doctrine chrétienne ) que Newman rédigea d’un trait en 1845 et à la suite de quoi il fit son entrée dans l’Église catholique.

Newman montre dans cet ouvrage que la marque du catholicisme, c’est son historicité. Il est une religion réelle, historique, et non pas une théorie, un système. «Le monde est sa patrie; pour savoir quel il est, nous devons le chercher dans le monde et écouter le témoignage que le monde porte sur lui.» Bref, le catholicisme – c’est le mot clef du livre – est une «idée», comme on parle d’une idée-force. Bien qu’il ait emprunté cette terminologie à F. Guizot, Newman ne l’explique jamais complètement. L’idée, pour Newman, concerne principalement le réel d’où elle jaillit, mais peut aussi parfois s’en distinguer. Elle est le principe spirituel animateur du réel. Elle est une réalité à la fois individuelle et sociale, immanente et transcendante. Elle se traduit au dehors par une institution, un corps de doctrine, un processus historique, un ethos ou une idée (au sens, ici, où l’on parle d’une «grande idée»). L’idée est «la somme de tous les aspects qui la révèlent», parce que son but est de démontrer que tous les aspects de l’idée doivent finalement être développés (chap. I).

La première partie de l’Essai est consacrée à montrer que l’hypothèse du développement est probable, c’est-à-dire qu’elle s’impose à l’esprit non certes par des arguments démonstratifs, mais peu à peu et par une série de probabilités convergentes. Que le christianisme soit appelé à se développer, la symphonie de ses doctrines y incline, et globalement l’idée est cohérente. Le caractère positif, thétique du catholicisme contraste avec l’attitude réflexive, critique de ses opposants, et c’est l’indice d’une vraie idée. Le monde lui-même établit une présomption en sa faveur, car, même en l’affrontant, il discerne son caractère fécond en le retenant comme son interlocuteur de préférence à l’hérésie. Toute via media est donc vaine. Il faut déterminer quelle Église succède réellement à celle des apôtres et des Pères. L’esprit ne peut demeurer toujours dans le doute; l’enchaînement historique du christianisme oriente vers le fait du développement, comme vers une certitude.

Dans la seconde partie de l’Essai , Newman chercha à établir sept «notes» du développement doctrinal: conservation du type; principe dogmatique (c’est-à-dire fidélité à l’interprétation spirituelle de l’Écriture); pouvoir assimilateur (à l’égard des créations de l’esprit humain); consécution logique (et non explication par raisonnements); anticipation de l’avenir (dans des attitudes pratiques porteuses d’une doctrine non encore explicitée); action préservatrice du passé; vigueur durable. Le principe de l’immutabilité doctrinale – semper eadem – sur lequel s’appuyait Bossuet se trouve ainsi compensé par celui, non pas de l’évolution (ce mot est délibérément écarté), mais du «développement» doctrinal, amplement mis en lumière dans cette vision que Newman considérait lui-même comme une «large philosophie» reçue de la tradition de l’Église.

À côté de certains écrits de circonstance: conférences, récit de sa conversion publié en 1848 sous le titre Loss and Gain (Perte et Gain ), recueils d’écrits relatifs à sa fonction de recteur de l’université de Dublin (surtout l’Idea of a University , 1856), Newman fut contraint de répondre à une attaque de Charles Kingsley qui l’accusa, en 1864, de manquer de sincérité et d’avoir modifié après coup ses positions. Il répondit dans l’Apologia pro vita sua (1865), son écrit le plus célèbre, dans lequel il retrace son itinéraire au sein de l’Église anglicane. L’Apologia est d’abord une biographie spirituelle, où l’auteur expose, avec une parfaite maîtrise, la genèse de ses convictions. Mais elle livre aussi une philosophie implicite qui repose essentiellement sur l’imprévu des rencontres personnelles, lesquelles ont toujours, si l’on y songe, un effet révélateur au cours d’une vie. L’ouvrage décrit la quête d’identité d’un chrétien pour qui les personnes rencontrées expriment des «idées» et entrent dans le jeu de l’existence et dans la vie de l’esprit comme des variables indépendantes dans les équations de la logique, si du moins celles-ci doivent conduire à des assentiments et non pas simplement à des probabilités. Le point de départ de Newman, a-t-on dit, c’est cette thèse, pressentie déjà par Plotin et, plus près de lui, par S. T. Coleridge, «que chaque personne est une idée et non seulement qu’elle est appelée à dire la vérité mais qu’elle est un principe constitutif de la vérité» (M. Nédoncelle). La personne, dans son retrait par rapport au reste du monde, dans son unworldliness , qui n’a rien d’un désengagement mais relance au contraire l’engagement, dans sa recherche d’identité, a, et elle seule, le sens du réel. Cette philosophie, qui sous-tend un cheminement dans l’Église, est ce qui assure la pérennité de cette œuvre profonde et originale.

Le philosophe

On pourrait douter que dans cet homme complet – à la fois poète, romancier, historien, essayiste, prédicateur, polémiste, théologien – il y eût encore place pour le philosophe. L’œuvre philosophique de Newman n’est d’ailleurs pas considérable et est demeurée jusqu’à ces derniers temps inédite; cependant, elle se répartit sur toute sa vie. Ses premiers écrits sont une discussion avec les «noétiques» (aristotéliciens) d’Oxford. La Proof of Theism (1859) est le résumé de trente années de réflexion personnelle sur la preuve de l’existence de Dieu reconnue non par les «voies» classiques mais par la conscience. La Grammaire de l’assentiment (1870) répond aux objections du libéral William Froude. Les derniers écrits concernent les théories darwinistes et scientistes de la fin du siècle. Tout au long de son œuvre, Newman a fait de la philosophie presque sans le savoir; et, si l’on doit concéder qu’il n’avait pas la «tête métaphysique», là réside précisément le caractère particulier et l’intérêt de ce penseur sans dénomination et rebelle à toute appartenance.

Aussi cette philosophie est-elle retrouvée et exposée de nos jours (par M. Nédoncelle, A. J. Boekraad, E. Sillem, J. Collins) plutôt qu’elle n’est livrée dans une œuvre continue. C’est le type même d’une philosophie personnaliste: isolement du moi (otherwordliness ), réciprocité des consciences, assentiment personnel et sens de l’autorité, expérience d’un maître et juge des consciences, sens du devoir, rencontre de Dieu au cœur de la conscience (éthico-religieuse), dans la tradition religieuse de l’humanité ou par l’action humaine. Ces thèmes – où les arguments cosmologiques sont symptomatiquement absents – sont développés dans l’œuvre de Newman de façon aussi profonde qu’ils peuvent l’être et l’ont jamais été.

Comme son nom l’indique, An Essay in Aid of a Grammar in Assent (Grammaire de l’assentiment ) est une réflexion sur l’assentiment (distingué de l’inférence) et non sur la certitude qui, depuis Descartes et Kant, commande la démarche réflexive de l’esprit. Sur quoi se fonde un tel assentiment, surtout lorsqu’on souligne que la démarche de l’homme concret, individuel, faillible, est fort éloignée de la démarche démonstrative du savant et si l’on exige par ailleurs qu’elle ne soit pas une illusion? Newman expose d’abord la distinction entre une proposition notionnelle et une proposition réelle et les conditions pour qu’une proposition, elle-même notionnelle, soit réelle pour l’esprit. La condition de tout discours et de tout dialogue, c’est que soit abandonné le terrain des propositions notionnelles et que soit appréhendée la proposition réelle. La conscience sanctionne ce second registre; et c’est ici, et ici seulement, qu’il est possible de parler d’une «preuve de Dieu».

Il résulte de là que l’inférence, c’est-à-dire le raisonnement verbal – par opposition au mental –, et l’assentiment sont des actes différents de l’esprit. Dans l’inférence, l’attention est dispersée sur un certain nombre de propositions et sur leurs rapports réciproques, tandis que, dans l’assentiment, elle se concentre sur une seule, sans référence aux autres. Ici la conclusion est le résultat de probabilités trop nombreuses pour qu’on puisse les réunir en forme de démonstration. C’est la force cumulative et unifiante de ces raisons probables recueillies par une mémoire attentive qui entraîne l’assentiment de l’esprit en chaque cas particulier. C’est donc toujours un raisonnement mental, et non verbal, qui entraîne l’adhésion et la certitude. Pour cela, il faut que soit mise en œuvre toute une histoire mentale, tout ce qui a été appris et retenu, non sous forme de connaissances proprement dites mais sous forme de principes, règles de conduite, sens des valeurs, jugements obtenus par l’expérience, par l’éducation et l’écoute d’autrui.

La dernière partie de la Grammaire est consacrée au «sens illatif», qui procure le complément de certitude qui manque à chacun des arguments probables. C’est la faculté dont on use avec pleine confiance chaque fois qu’on prend parti, qu’on opère un choix, qu’on formule un jugement en se fondant sur un certain nombre de données bien pesées, au lieu de s’en remettre à une démonstration en règle ou à l’impulsion, en fait mal contrôlée, d’influences extérieures. Le sens illatif est tout simplement ce qui nous permet de porter un jugement en faisant confiance à notre esprit. Dans le langage journalier, c’est le bon sens, si différent du sens commun, et qui se rapproche de l’intuition de génie et de l’évidence spirituelle.

Le sens illatif est-il infaillible? (On a fait à Newman beaucoup d’objections sur ce point.) Non, certes; l’expérience le montre. Mais, de ce que je me suis parfois trompé, suis-je désormais annihilé pour toute action à venir? L’erreur elle-même peut être source de sagesse. Elle ne frappe pas aussitôt de discrédit tout le mouvement de l’esprit et ne ruine pas d’un coup la mémoire. Le mauvais usage du jugement est une invitation à mieux s’en servir, non à y renoncer. Par cette confiance dans les facultés de l’esprit, la philosophie de Newman est encore une forme de philosophie réflexive et de personnalisme.

Le théologien catholique

Devenu membre de l’Église catholique, Newman ne cessa pas d’entretenir une correspondance suivie avec ses anciens condisciples demeurés anglicans ou devenus catholiques avec lui. Cette correspondance, aujourd’hui en cours de publication, est digne de figurer parmi les monuments de la littérature anglaise. À ces lettres, il faut ajouter plusieurs ouvrages importants: la Lettre à Pusey sur son Eirenicon (1866) est une présentation et une défense nuancée de la dévotion catholique à la Vierge Marie.

Dans la Lettre au duc de Norfolk (1875), écrite en réponse à Gladstone, Newman livre son interprétation des décrets du Concile du Vatican sur l’infaillibilité. Il y réfute les vues du cardinal Manning et de Ward en Angleterre, de Louis Veuillot en France, selon lesquelles un pape pourrait désormais, de lui-même et isolément, définir une doctrine. En soulignant que c’est l’Église en corps qui a reçu la garde de la vérité et peut être dite infaillible, et que le pape ne fait que sanctionner et ratifier ultima facie un processus de formulation qui s’est toujours accompli au sein de l’Église entière, Newman ne fait guère que devancer la théologie dans la marche qu’elle a suivie depuis. Dans un chapitre célèbre, il insistait aussi sur la primauté de la conscience, voix divine qui doit toujours être écoutée, et qui doit, même erronée, être obéie.

Lors de l’édition de ses œuvres complètes, Newman – fait assez exceptionnel pour être signalé – put republier tout ce qu’il avait écrit dans sa période anglicane sans y apporter de modifications, sauf le Prophetical Office of the Church de 1837. Il ajouta à cet ouvrage, intitulé désormais The Via Media of the Anglican Church , des notes explicatives et il le fit précéder d’une importante préface, où il reprit certaines de ses affirmations antérieures. Dans la préface de 1877, il montre que l’Église, comme le peuple juif, est régie au cours de son histoire par un «principe d’économie» qui assure son unité dans le temps à travers des situations nouvelles. La Révélation, la Tradition font à toute époque face à l’idolâtrie et à l’incroyance du peuple. Mais la Tradition est portée elle-même par le peuple fidèle tout entier. Aussi est-elle l’objet d’une assistance divine, comme elle en a d’ailleurs reçu la promesse. L’Église représente le Christ au cours de son cheminement historique. Or le Christ est prophète, prêtre, roi. Une triple tâche a donc été confiée à l’Église, qui doit vivre à l’image du Christ: le christianisme est à la fois une philosophie, un ensemble de rites et une communauté politique. L’Église est animée dans ces trois ordres par le souci de vérité, de piété et de justice. Dans chacun de ces domaines, elle a pu se tromper et aller trop loin. Mais elle porte en elle un principe de régulation qui fait aussi son œuvre avec le temps. Newman précisait ainsi comment lui apparaissait cette unité de l’Église à travers l’histoire, dont il n’avait pas su rendre compte en 1837.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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